Présentation de la source
Geçmişten Günümüze Beyşehir Gölü Mada Adası’nda İskân ve Beşerî Faaliyetler

Hüseyin Muşmal · Yalova Sosyal Bilimler Dergisi
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Île de Mada
Plus grande île du lac, rythmée par la pêche, les cultures et la vie insulaire.
Mada, Kazak et Kumluca désignent la même île habitée, au nord du lac de Beyşehir. Ces noms ouvrent des perspectives différentes : un toponyme ancien, la mémoire des Cosaques du Don et le rivage sablonneux associé à Kumluca. Proche de Gedikli, l’île dépend administrativement du district de Şarkikaraağaç, dans la province d’Isparta.
Son histoire humaine commence bien avant les Cosaques. L’étude de Hüseyin Muşmal publiée en 2024 mobilise registres ottomans, recherches antérieures et récits de vie insulaire. Un registre de 1507 mentionne des foyers musulmans et non musulmans. Cette photographie administrative ne prouve pas une population inchangée durant des siècles. Eau douce, terres cultivables, pâturages et poissons expliquent l’intérêt du lieu.
Kazak se traduit ici par Cosaque du Don, et non par Kazakh. Ces migrations appartiennent à l’histoire des communautés cosaques du monde ottoman, notamment aux parcours des vieux-croyants et des Cosaques de Nekrassov étudiés autour du lac de Manyas. Les vieux-croyants conservaient des rites orthodoxes russes antérieurs aux réformes du XVIIe siècle. Le nom de Nekrassov rappelle le chef suivi par des Cosaques ayant quitté le Don après les conflits de 1708. Pratiques religieuses, conflits politiques et autonomie communautaire y jouaient un rôle. Les familles tchétchènes arrivées plus tard avaient une autre histoire.
La chronologie locale se concentre au milieu des années 1860. Le ministère de la Culture et du Tourisme indique l’installation de 30 à 40 foyers en 1866. L’étude de 2024 examine aussi un récit de voyage depuis Manyas en 1865 ; d’autres travaux donnent l’hiver 1866–1867. Ces mentions ne désignent pas nécessairement le même moment ni un même dénombrement.
Le récit du voyage évoque du bétail, des charrettes et de jeunes arbres fruitiers. Les familles transportaient donc aussi les moyens de construire leur avenir domestique et agricole. Mada offrait de l’eau et des terres, tout en restant dépendante des rives pour le commerce, l’outillage, les démarches administratives et les relations familiales.
La pêche occupe une place importante dans les sources. De grandes embarcations en bois, appelées karakayık, appartiennent à la culture matérielle associée aux Cosaques de ces lacs. Elles relient construction navale, savoir-faire halieutique et transport. Cela ne signifie pas que la pêche à Beyşehir aurait commencé avec leur arrivée : leur apport s’inscrit dans une histoire plus ancienne.
Champs, animaux, bateaux et lieux d’accostage formaient un même espace de travail. Le calme d’un panorama lacustre montre mal les efforts nécessaires pour apporter des provisions ou vendre les récoltes. Les descriptions du climat, des maladies et des difficultés économiques rappellent que le lac pouvait fournir des ressources tout en compliquant les rapports entre l’île et les rives.
La communauté cosaque évolua. Les recherches décrivent maladies, retours à Manyas et déplacements vers Akşehir ; dans les années 1920, sa situation avait profondément changé. Certains Cosaques continuèrent à pêcher dans le lac de Beyşehir après leur départ. L’émigration bien connue de Manyas en 1962 appartient à une autre histoire locale et ne date pas globalement la fin du peuplement cosaque de Mada.
Les sources signalent ensuite des familles tchétchènes, puis des habitants yörük, dont des familles identifiées comme Tırtar. L’étude traite des changements de résidence et de propriété dans les années 1930 et des installations suivantes. Ces épisodes composent l’histoire d’un lieu, pas celle d’une seule ascendance. Le texte sur Hamidiye approfondit le dossier urbain tchétchène et ingouche.
Kirse ou Kilise, l’île voisine, est un lieu distinct dont les vestiges n’ont pas une interprétation unanimement établie. Il ne faut la confondre ni avec Mada ni avec Kız Kalesi, ailleurs sur le lac. Le nom Kazak ne date pas non plus chaque mur. Archéologie, récits de voyageurs et traditions orales restent des formes de preuve différentes.
Mada demeure un espace habité et cultivé. Maisons, champs et rivages ne sont pas le décor librement accessible d’une communauté disparue. Une visite dépend des arrangements locaux, de la météo et, sur un terrain privé, de l’autorisation nécessaire. L’usage historique de bateaux ne prouve aucun service régulier actuel. Ce texte ne décrit pas un itinéraire pédestre vérifié ni un passage sur la glace.
Le récit du lac relie cette histoire aux rivages et aux transports. Celui de la ville conduit au débouché et aux ouvrages d’irrigation ; Kubadabad révèle une autre forme d’occupation des bords du lac. Ensemble, ces lectures montrent comment habitants, activités et relations ont changé dans un même cadre géographique, bien au-delà d’une seule étiquette.
Tchétchènes et Ingouches à Beyşehir : la mémoire de Hamidiye
Le départ de Grozny en 1901, l’installation à Hamidiye, de nouvelles arrivées en 1934 et des inscriptions funéraires porteuses d’histoires familiales.
L’histoire de Beyşehir dépasse ses monuments médiévaux. Hamidiye conserve la mémoire de familles venues du Caucase du Nord au début du XXe siècle. Dossiers de construction, attributions de terres, souvenirs familiaux et inscriptions de deux cimetières racontent la création d’un quartier auprès de la ville ottomane existante. L’installation fut un processus prolongé, avec des difficultés bien concrètes.
Hüseyin Muşmal et Mustafa Çetinaslan désignent la communauté étudiée comme tchétchène et ingouche. Les documents ottomans emploient souvent les termes plus généraux de migrants caucasiens ou tchétchènes ; les descendants interrogés évoquent ces deux origines. Le mot « circassien » ne doit pas effacer ces identités précises. Les Cosaques du Don de Mada formaient, eux aussi, une communauté distincte.
L’étude suit un groupe de 120 foyers qui quitte Grozny en 1901 et atteint Istanbul. Il se divise ensuite : une partie rejoint Uzunyayla, tandis qu’environ 60 foyers gagnent la province de Konya et Beyşehir. Les déplacements du XIXe siècle constituent l’arrière-plan régional, mais dater directement cette installation particulière de 1864 ferait disparaître les preuves de l’arrivée plus tardive.
Les premiers logements se situaient près du cours d’eau. Archives et récits oraux décrivent des problèmes sanitaires, dont le paludisme, avant l’établissement des familles sur les hauteurs d’Üçler Tepesi, à quelque 500 mètres du canal. Le nouveau quartier reçut le nom de Hamidiye en référence au sultan Abdülhamid II. Les documents retracent plusieurs étapes, non un unique jour de déménagement.
La construction des maisons ne suffisait pas à assurer la subsistance. Les dossiers portent sur des logements financés par l’État, l’acquisition de plus de 450 dönüms de terres agricoles, des animaux de trait et des outils. Ces mesures reliaient habitat et travail. Elles révèlent des ménages confrontés à de nouvelles conditions, plutôt qu’une intégration immédiate et sans difficulté.
Les migrations se poursuivirent. Selon la même recherche, dix foyers comptant quarante personnes arrivèrent en 1934 de Burhaniye, dans le district d’Ereğli. Il s’agissait des membres restants d’une communauté auparavant établie là-bas. Une première affectation ottomane n’était donc pas nécessairement une destination définitive : l’histoire de Hamidiye s’est construite sur plusieurs générations et à travers des déplacements en Anatolie.
Les chercheurs ont documenté 38 monuments funéraires : 33 dans le cimetière inférieur et cinq dans le supérieur. Parmi les 36 dates de décès lisibles, quatorze se situent entre 1903 et 1906 ; l’ensemble daté va jusqu’en 1930. Il s’agit d’un corpus conservé, non d’un registre démographique complet. Les dates seules ne permettent pas d’attribuer une cause à chaque décès.
Les inscriptions sont en turc ottoman, écrit en caractères arabes, sur du tuf local. Des lettres en relief ou en creux côtoient un décor généralement discret. Les mentions du Caucase et des lieux d’origine maintiennent des liens à distance. Les auteurs prennent aussi en compte les ressources matérielles et le travail artisanal, sans transformer chaque motif en signature ethnique immuable.
Une lettre administrative renseigne sur un coût ou une demande d’aide ; une épitaphe garde le nom d’une personne dans la mémoire familiale. Les récits oraux ajoutent des expériences absentes des dossiers officiels. Leur lecture croisée fait apparaître le travail, la maladie et l’appartenance, tout en distinguant un témoignage recueilli plus tard d’un document contemporain des faits.
Un lien existe avec Mada, mais il faut nommer séparément les communautés. L’étude de l’île signale des familles tchétchènes après l’installation des Cosaques du Don, puis des habitants yörük. Ces histoires se croisent dans un même paysage sans devenir une origine commune. L’article sur Mada explique cette succession et le sens de Kazak : ici Cosaque, et non Kazakh ou Tchétchène.
Hamidiye ajoute une couche récente à la géographie urbaine. Le noyau autour de la mosquée Eşrefoğlu, les quartiers du débouché du lac et le quartier des migrants ne se sont pas constitués à la même époque. Les regarder ensemble montre une ville transformée par le logement, l’emploi et l’eau. Le récit des rives relie cette évolution au pont et au canal.
Les cimetières restent des lieux de mémoire familiale. Respectez les modalités d’accès locales, ne nettoyez ni ne frottez les inscriptions et demandez l’accord des personnes avant de les photographier. L’enquête publiée aide à comprendre les pierres ; ses entretiens décrivent la communauté à l’époque de la recherche, sans constituer un recensement actuel des descendants.
Mada : Cosaques, migrations et vie lacustre
L’arrivée des Cosaques du Don dans les années 1860, puis des familles tchétchènes et yörük, éclaire l’histoire d’une île habitée.
Mada, Kazak et Kumluca désignent la même île habitée, au nord du lac de Beyşehir. Ces noms ouvrent des perspectives différentes : un toponyme ancien, la mémoire des Cosaques du Don et le rivage sablonneux associé à Kumluca. Proche de Gedikli, l’île dépend administrativement du district de Şarkikaraağaç, dans la province d’Isparta.
Son histoire humaine commence bien avant les Cosaques. L’étude de Hüseyin Muşmal publiée en 2024 mobilise registres ottomans, recherches antérieures et récits de vie insulaire. Un registre de 1507 mentionne des foyers musulmans et non musulmans. Cette photographie administrative ne prouve pas une population inchangée durant des siècles. Eau douce, terres cultivables, pâturages et poissons expliquent l’intérêt du lieu.
Kazak se traduit ici par Cosaque du Don, et non par Kazakh. Ces migrations appartiennent à l’histoire des communautés cosaques du monde ottoman, notamment aux parcours des vieux-croyants et des Cosaques de Nekrassov étudiés autour du lac de Manyas. Les vieux-croyants conservaient des rites orthodoxes russes antérieurs aux réformes du XVIIe siècle. Le nom de Nekrassov rappelle le chef suivi par des Cosaques ayant quitté le Don après les conflits de 1708. Pratiques religieuses, conflits politiques et autonomie communautaire y jouaient un rôle. Les familles tchétchènes arrivées plus tard avaient une autre histoire.
La chronologie locale se concentre au milieu des années 1860. Le ministère de la Culture et du Tourisme indique l’installation de 30 à 40 foyers en 1866. L’étude de 2024 examine aussi un récit de voyage depuis Manyas en 1865 ; d’autres travaux donnent l’hiver 1866–1867. Ces mentions ne désignent pas nécessairement le même moment ni un même dénombrement.
Le récit du voyage évoque du bétail, des charrettes et de jeunes arbres fruitiers. Les familles transportaient donc aussi les moyens de construire leur avenir domestique et agricole. Mada offrait de l’eau et des terres, tout en restant dépendante des rives pour le commerce, l’outillage, les démarches administratives et les relations familiales.
La pêche occupe une place importante dans les sources. De grandes embarcations en bois, appelées karakayık, appartiennent à la culture matérielle associée aux Cosaques de ces lacs. Elles relient construction navale, savoir-faire halieutique et transport. Cela ne signifie pas que la pêche à Beyşehir aurait commencé avec leur arrivée : leur apport s’inscrit dans une histoire plus ancienne.
Champs, animaux, bateaux et lieux d’accostage formaient un même espace de travail. Le calme d’un panorama lacustre montre mal les efforts nécessaires pour apporter des provisions ou vendre les récoltes. Les descriptions du climat, des maladies et des difficultés économiques rappellent que le lac pouvait fournir des ressources tout en compliquant les rapports entre l’île et les rives.
La communauté cosaque évolua. Les recherches décrivent maladies, retours à Manyas et déplacements vers Akşehir ; dans les années 1920, sa situation avait profondément changé. Certains Cosaques continuèrent à pêcher dans le lac de Beyşehir après leur départ. L’émigration bien connue de Manyas en 1962 appartient à une autre histoire locale et ne date pas globalement la fin du peuplement cosaque de Mada.
Les sources signalent ensuite des familles tchétchènes, puis des habitants yörük, dont des familles identifiées comme Tırtar. L’étude traite des changements de résidence et de propriété dans les années 1930 et des installations suivantes. Ces épisodes composent l’histoire d’un lieu, pas celle d’une seule ascendance. Le texte sur Hamidiye approfondit le dossier urbain tchétchène et ingouche.
Kirse ou Kilise, l’île voisine, est un lieu distinct dont les vestiges n’ont pas une interprétation unanimement établie. Il ne faut la confondre ni avec Mada ni avec Kız Kalesi, ailleurs sur le lac. Le nom Kazak ne date pas non plus chaque mur. Archéologie, récits de voyageurs et traditions orales restent des formes de preuve différentes.
Mada demeure un espace habité et cultivé. Maisons, champs et rivages ne sont pas le décor librement accessible d’une communauté disparue. Une visite dépend des arrangements locaux, de la météo et, sur un terrain privé, de l’autorisation nécessaire. L’usage historique de bateaux ne prouve aucun service régulier actuel. Ce texte ne décrit pas un itinéraire pédestre vérifié ni un passage sur la glace.
Le récit du lac relie cette histoire aux rivages et aux transports. Celui de la ville conduit au débouché et aux ouvrages d’irrigation ; Kubadabad révèle une autre forme d’occupation des bords du lac. Ensemble, ces lectures montrent comment habitants, activités et relations ont changé dans un même cadre géographique, bien au-delà d’une seule étiquette.
Lieux associés
2024, 14(2) 150–162